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troisième anniversaire de la poésie chez OVS
Auteur : Ocean56  
17/21

Date :    12-07-2018 23:30:13


A mon ami Alfred T.

Alfred de Musset

Dans mes jours de malheur, Alfred, seul entre mille,

Tu m’es resté fidèle où tant d’autres m’ont fui.

Le bonheur m’a prêté plus d’un lien fragile ;

Mais c’est l’adversité qui m’a fait un ami.



C’est ainsi que les fleurs sur les coteaux fertiles

Etalent au soleil leur vulgaire trésor ;

Mais c’est au sein des nuits, sous des rochers stériles,

Que fouille le mineur qui cherche un rayon d’or.



C’est ainsi que les mers calmes et sans orages

Peuvent d’un flot d’azur bercer le voyageur ;

Mais c’est le vent du nord, c’est le vent des naufrages

Qui jette sur la rive une perle au pêcheur.



Maintenant Dieu me garde ! Où vais-je ? Eh ! que m’importe ?

Quels que soient mes destins, je dis comme Byron :

« L’Océan peut gronder, il faudra qu’il me porte. »

Si mon coursier s’abat, j’y mettrai l’éperon.



Mais du moins j’aurai pu, frère, quoi qu’il m’arrive,

De mon cachet de deuil sceller notre amitié,

Et, que demain je meure ou que demain je vive,

Pendant que mon coeur bat, t’en donner la moitié.
Auteur : Ocean56  
18/21

Date :    12-07-2018 23:32:04


À celle qu’on dit froide

Paul Verlaine

Tu n’es pas la plus amoureuse

De celles qui m’ont pris ma chair ;

Tu n’es pas la plus savoureuse

De mes femmes de l’autre hiver.



Mais je t’adore tout de même !

D’ailleurs ton corps doux et bénin

A tout, dans son calme suprême,

De si grassement féminin,



De si voluptueux sans phrase,

Depuis les pieds longtemps baisés

Jusqu’à ces yeux clairs pur d’extase,

Mais que bien et mieux apaisés !



Depuis les jambes et les cuisses

Jeunettes sous la jeune peau,

A travers ton odeur d’éclisses

Et d’écrevisses fraîches, beau,



Mignon, discret, doux, petit Chose

A peine ombré d’un or fluet,

T’ouvrant en une apothéose

A mon désir rauque et muet,



Jusqu’aux jolis tétins d’infante,

De miss à peine en puberté,

Jusqu’à ta gorge triomphante

Dans sa gracile venusté,



Jusqu’à ces épaules luisantes,

Jusqu’à la bouche, jusqu’au front

Naïfs aux mines innocentes

Qu’au fond les faits démentiront,



Jusqu’aux cheveux courts bouclés comme

Les cheveux d’un joli garçon,

Mais dont le flot nous charme, en somme,

Parmi leur apprêt sans façon,



En passant par la lente échine

Dodue à plaisir, jusques au

Cul somptueux, blancheur divine,

Rondeurs dignes de ton ciseau,



Mol Canova ! jusques aux cuisses



Qu’il sied de saluer encor,

Jusqu’aux mollets, fermes délices,

Jusqu’aux talons de rose et d’or !



Nos nœuds furent incoërcibles ?

Non, mais eurent leur attrait leur.

Nos feux se trouvèrent terribles ?

Non, mais donnèrent leur chaleur.



Quant au Point, Froide ? Non pas, Fraîche.

Je dis que notre « sérieux »

Fut surtout, et je m’en pourlèche,

Une masturbation mieux,



Bien qu’aussi bien les prévenances

Sussent te préparer sans plus,

Comme l’on dit, d’inconvenances,

Pensionnaire qui me plus.



Et je te garde entre mes femmes

Du regret non sans quelque espoir

De quand peut-être nous aimâmes

Et de sans doute nous ravoir.



Paul Verlaine, Femmes, 1890
Auteur : Ocean56  
19/21

Date :    12-07-2018 23:34:07


A Juana

Alfred de Musset

O ciel ! je vous revois, madame,

De tous les amours de mon âme

Vous le plus tendre et le premier.

Vous souvient-il de notre histoire ?

Moi, j’en ai gardé la mémoire :

C’était, je crois, l’été dernier.



Ah ! marquise, quand on y pense,

Ce temps qu’en folie on dépense,

Comme il nous échappe et nous fuit !

Sais-tu bien, ma vieille maîtresse,

Qu’à l’hiver, sans qu’il y paraisse,

J’aurai vingt ans, et toi dix-huit ?



Eh bien ! m’amour, sans flatterie,

Si ma rose est un peu pâlie,

Elle a conservé sa beauté.

Enfant ! jamais tête espagnole

Ne fut si belle, ni si folle.

Te souviens-tu de cet été ?



De nos soirs, de notre querelle ?

Tu me donnas, je me rappelle,

Ton collier d’or pour m’apaiser,

Et pendant trois nuits, que je meure,

Je m’éveillai tous les quarts d’heure,

Pour le voir et pour le baiser.



Et ta duègne, ô duègne damnée !

Et la diabolique journée

Où tu pensas faire mourir,

O ma perle d’Andalousie,

Ton vieux mari de jalousie,

Et ton jeune amant de plaisir !



Ah ! prenez-y garde, marquise,

Cet amour-là, quoi qu’on en dise,

Se retrouvera quelque jour.

Quand un coeur vous a contenue,

Juana, la place est devenue

Trop vaste pour un autre amour.



Mais que dis-je ? ainsi va le monde.

Comment lutterais-je avec l’onde

Dont les flots ne reculent pas ?

Ferme tes yeux, tes bras, ton âme ;

Adieu, ma vie, adieu, madame,

Ainsi va le monde ici-bas.



Le temps emporte sur son aile

Et le printemps et l’hirondelle,

Et la vie et les jours perdus ;

Tout s’en va comme la fumée,

L’espérance et la renommée,

Et moi qui vous ai tant aimée,

Et toi qui ne t’en souviens plus !



Alfred de Musset
Auteur : Ocean56  
20/21

Date :    13-07-2018 04:11:56


https://lyricstranslate.com/fr/sleeping-sun-soleil-dormant.html



Soleil Dormant

Le soleil lentement s'endort

Une fois chaque siècle

De mélancoliques océans, placides et rougeoyants

Des caresses ardentes laissées tomber



Pour mes rêves je tiens à ma vie

Pour mes désirs je crains mes nuits

La vérité à la fin des temps

Perdre la foi est criminel



Je désire que cette nuit

Dure pour une éternité

L'obscurité autour de moi

[Est] la rive d'une mer de soleil

Oh, comme je voudrais descendre avec le soleil

Dormant

Pleurant

Avec vous



La tristesse a un coeur humain

De mon Dieu elle prend chemin

Je naviguerais mille mois auparavant

Sans jamais trouver où aller



Deux cent vingt-deux jours de lumière

Seront désirées par une nuit

Un moment pour permettre au poète sa pièce

Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à dire



Je désire que cette nuit

Dure pour une éternité

L'obscurité autour de moi

[Est] la rive d'une mer de soleil

Oh, comme je voudrais descendre avec le soleil

Dormant

Pleurant

Avec vous



Je désire que cette nuit

Dure pour une éternité

L'obscurité autour de moi

[Est] la rive d'une mer de soleil

Oh, comme je voudrais descendre avec le soleil

Dormant

Pleurant

Avec vous...
Auteur : Herminig  
21/21

Date :    18-07-2018 13:51:32


PIERRE



Aller dans une pierre,

Ce serait mon genre.

Un autre peut devenir un pigeon

Ou égratigner avec une dent de tigre.

Je suis heureux d’être une pierre.



Du dehors, la pierre est une énigme :

Personne ne sait comment répondre.

Pourtant à l’intérieur, ça doit être frais, calme

Même en plein sous le sabot d’une vache énorme,

Même si un enfant la lance dans une rivière ;

La pierre coule, lente, imperturbable

Tout au fond

Où les poissons viennent cogner dessus

Et écoutent.



J’ai vu des étincelles s’échapper

Lorsque deux pierres se frottent. Après tout,

L’intérieur n’est peut-être pas si sombre ;

Il y a peut-être un vague éclat de lune

On ne sait d’où – derrière une colline –

À peine assez brillant pour faire apparaître

Les écritures étranges, les diagrammes d’étoiles

Sur les parois.



*



Charles Simic (Belgrade, 1938) - What the Grass Says (1967) - STONE - New and Selected Poems: 1962-2012 (Houghton Mifflin Harcourt, 2013) - Etats des Lieux : 13 poètes américains (Le Noroit, 2013) - Traduit de l'américain par Vincent Charles Lambert.

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